Le 17 mai à 10 h 30, inauguration de La rivière souterraine de Jean-Luc Moulène
Un ensemble de garde-corps installé au croisement du Boulevard d'Anvers et du Boulevard de la Marne à Strasbourg.
« La rivière souterraine » de Jean-Luc MOULÈNE
Le remplacement des barrières de sécurité, situées en bordure du Boulevard d’Anvers à son croisement avec le Boulevard de la Marne et destinées à protéger de la circulation les aires du
marché, ayant été prévu par le Service municipal de la Voirie, des enjeux particuliers à ce quartier de Strasbourg ont fait envisager la possibilité que ces éléments de mobilier urbain
soient dotés d’une sensible qualité esthétique.
Situé dans le prolongement de l’avenue des Vosges et de l’avenue de la Forêt Noire, ce site est empreint d’une forte valeur symbolique dans l’histoire de Strasbourg. Il s’inscrit sur un
axe de circulation créé à la fin du XIX°siècle, période qui donna lieu à une riche création architecturale devenue emblématique d’une large partie de notre ville.
L’édification de l’Union européenne et les démarches en vue de la création d’un Euro District contribuent actuellement à conférer une forte signification urbanistique et culturelle à
cette zone de Strasbourg comme en a témoigné la création, sur les bords du Rhin et dans le prolongement de cet axe, du Jardin des deux rives et de la passerelle de Marc Mimram.
À cette situation privilégiée dans l’ensemble global s’ajoutent la proximité de feux de circulation et surtout la forte fréquentation de cette zone lors des deux marchés hebdomadaires par
une population mêlant toutes le classes sociales pour donner à ce mobilier urbain une très grande visibilité par les automobilistes et les piétons, justifiant qu’un soin particulier
puisse être apporté à sa conception.
C’est dans une telle perspective que le Service de la Voierie a envisagé favorablement de retenir le projet de garde-corps proposé par Jean-Luc MOULÈNE à la suite d’une demande de conseil
formulée par la Mairie de quartier auprès du CEAAC.
Dans ce projet, l’artiste est parti d’un ensemble de significations habituelles de la barrière ( « interdiction », autant que « protection », rigidité, verticalité…)
pour créer une forme qui les évoque visuellement en les réinterprétant dans le sens de la transposition d’un objet dans un autre matériau et d’une suggestion d’un dynamisme interne,
presque naturel, de cet objet.
Une silhouette de barrière, faite par un jeu de cordes nouées et déformées par traction, a été choisie pour engendrer une configuration de lignes torsadées et de surfaces nervurées qui a
donné lieu à un moule préalable à la réalisation d’un élément modulaire en fonte d’aluminium selon la technique de la « cire perdue ». La forme résultante, d’un aspect
sensiblement différent entre son recto et son verso se révèle douée d’une forte autonomie d’existence plastique et par conséquent d’une réelle qualité artistique tout en rendant
clairement lisible sa fonction d’élément de mobilier urbain.
Il a été prévu d’installer deux groupes de trois éléments sur le côté sud du croisement et quatre éléments sur le côté nord en alternant recto et verso de manière à créer un rythme visuel
enrichissant la perception d’ensemble de ces barrières. Dotées d’une forte rigidité grâce au diamètre des parties linéaires et aux surfaces qu’elles engendrent, ces barrières sont fixées
dans le sol par des scellements dans des petits massifs béton.
Visuellement, le caractère contemporain de ce projet, dû à sa conception et à son mode de réalisation n’est cependant pas sans rappeler le dessin linéaire des décors d’inspiration
végétale « Modern’Style » du début du XX° siècle (dont il existe des exemples à Strasbourg dans des immeubles de l’allée de la Robertsau ou sur des grilles de clôture, rue
Sleidan, près du site d’installation). Et leur texture rappelle aussi la structure des balustrades ou garde-corps des ponts de jardins à l’anglaise de la seconde moitié du XIX° siècle qui
reproduisaient en béton armé l’aspect de barrières rustiques faites en branches noueuses de bois mort, dont il existe aussi un exemple à Strasbourg sur la passerelle de la
« grotte » au Jardin de l’Orangerie…
Mais surtout, l’aspect argenté et luisant de la fonte d’aluminium, son caractère agréable au toucher grâce à son traitement de surface et l’originalité graphique du dessin de ces
barrières évoquent fortement l’aspect d’un bijou, d’une broche qui aurait été agrafée sur une aire de « tissu urbain » d’une qualité plus commune, d’une couleur relativement
terne propre aux revêtements de sol. Et cette dernière signification témoigne particulièrement bien du souci constant manifesté par cette opération - à la fois artistique et fonctionnelle
- d’amélioration du cadre de la vie quotidienne.
P.G. / CEAAC
renseignement
CEAAC / 7 rue de l'Abreuvoir / 67000 STRASBOURG
Tél 03 88 25 69 70